Maillot FRANCE 98, un classique des maillots rétros !

Maillots de légence - France 98


Peut-être pas le plus beau des maillots de l'équipe de France, mais il restera dans l'histoire comme étant celui porté par les champions du Monde de 1998. Pourtant l'affaire n'a pas été aussi simple avant la compétition. Des résultats peu convaincants lors des matches de préparation, les incertitudes du sélectionneur avec sa liste longue comme le bras (28 joueurs pré-sélectionnés) font perdre patience aux supporters, lesquels aimeraient pousser Jacquet dans les orties de Mémé.

Les Bleus en 1/8ème de finale de la Coupe du Monde 1998

Tout le monde attend les Bleus au tournant lors du premier rendez-vous contre l'Afrique du Sud (12 juin). Et c'est Duga le mal-aimé, la tête à baffes, le pote à Zidane – on lui reproche d'ailleurs ses relations privilégiées avec Zizou dans le choix du sélectionneur – qui décrispe la France entière à Marseille. Dans un stade Vélodrome incandescent, Dugarry ouvre le score et pète un câble en direct. L'attaquant de l'OM – il est arrivé en décembre 1997 après des expériences mitigées à Milan puis Barcelone – libère toutes ses frustrations et donne l'élan nécessaire à une équipe qui se cherche alors. 

Après une première victoire sans trop d'opposition (3-0), marquée par le premier but international de Thierry Henry, les Bleus embrayent la seconde au stade de France face à l'Arabie Saoudite (18 juin). Une promenade de santé (4-0) ternie par un fait de jeu très fâcheux. Alors que la France mène tranquillement au score, Zinédine Zidane, maltraité par Amin, s'essuie les crampons sur le short du capitaine saoudien. L'arbitre mexicain Arturo Brizio Carter voit rouge et expulse le n°10 français (qui en prend pour deux matches de suspension). De son côté Dugarry, héros une semaine auparavant, sort sur blessure (claquage à la cuisse). Duga-Zizou, un tandem d'amis unis pour le meilleur et le pire malgré une victoire qui ne souffre aucune contestation. Aîmé Jacquet, lui, respire. La France est au moins en 1/8èmes. 

Une semaine après la balade saoudienne, c'est le jour des coiffeurs qui affrontent le Danemark à Lyon (24 juin). Jacquet fait tourner son effectif et les remplaçants s'amusent sur la pelouse de Gerland. Vincent Candela entonne « I will survive » de Gloria Gaynor et Youri Djorkaeff puis Manu Petit assurent un succès pour la gloire (2-1). En effet, pour la première fois dans l'histoire de la coupe du Monde, l'équipe de France fait un carton plein lors du premier tour (3 matches, 3 victoires). Mais il est déjà temps de se concentrer sur la prochaine rencontre, sans Zidane, toujours suspendu. 

Lens, ce dimanche 28 juin, le public du stade Bollaert a troqué ses traditionnelles couleurs sang & or pour le bleu-blanc-rouge. La France est en 1/8èmes et affronte le Paraguay et son gardien musclor José Luis Chilavert. Malgré une domination presque constante, les Bleus ne trouvent pas la faille et se heurtent au taulier XXL paraguayen. Résignés à jouer les prolongations, les hommes de Jacquet se crispent jusqu'à la 114ème minute. « La lumière est venue de Laurent Blanc » s'égosille Thierry Gilardi lorsque le « Président » envoie le ballon au fond des filets, sur un centre de Robert Pirès relayé de la tête par David Trézeguet. C'est bien mieux que d'être douze et tristes. Au moins, la France est en quart sur un but qui vaut tout l'or du monde. 

Retour au stade de France, le 3 juillet, pour en découdre avec un gros morceau. L'Italie et ses trois étoiles sur le maillot. Pas une mince affaire malgré le retour de Zidane à la manoeuvre. Après un score à l'italienne à l'issue de la rencontre (0-0), équilibrée et très tactique notamment au milieu du terrain, les deux équipes doivent se résoudre à l'épreuve des tirs au but. Pas un bon souvenir pour les Bleus qui ont encore le syndrome de Séville 82 en mémoire. Un syndrome qui semble plus présent lorsque Lizarazu frappe trop mollement son ballon, stoppé facilement par Pagliuca. Dans la foulée, Albertini imite le défenseur français et les dés sont relancés (Roberto Baggio et Zidane ont gagné leurs duels auparavant). Les tireurs français suivants (Trézeguet, Henry, Blanc) ne tremblent pas, les Italiens non plus (Costacurta, Vieri). Puis Dino Baggio s'élance, tire... et son ballon s'écrase sur la barre transversale. Fabien Barthez, aux pâquerettes, ne sait pas tout de suite mais l'équipe de France est bien en demi-finale. Comme en 1958, 82 et 86. D'autres époques. 

Une demie finale compliquée face à la Croatie, avant le jour de gloire des Bleus

Sur le chemin des Bleus, le 8 juillet au stade de France, la Croatie endosse le rôle d'outsider. Le beau rôle pour l'équipe au maillot à damiers qui vient d'étriller l'Allemagne (3-0) sans trembler des mollets. Sans complexes, les Croates donnent du fil à retordre aux Français timides et sans panache en première période. Au sortir des vestiaires, c'est le coup de théâtre lorsque Davor Šuker, l'attaquant du Real Madrid, crucifie Barthez dans la surface. Les Bleus partent à l'abordage et égalisent dans la foulée grâce à Lilian Thuram. Le défenseur de Parme vit son jour de gloire quand, à vingt minutes de la fin, arrachant le ballon dans les pieds croates, balance un boulet dans les filets. Incrédule, les genoux sur le pré, Thuram envoie les Bleus en finale tandis que l'arbitre, berné par Slaven Bilić, renvoie Laurent Blanc sur le banc. Un coup dur avant la dernière marche contre le Brésil.

Maillots de légende - France 98

Et le 12 juillet 98, le jour de gloire est arrivé. Certes, il y a la polémique. Ronaldo, malade, joue sur une patte c'est toute la Seleção qui boîte. Côté français, Lolo Blanc absent, c'est à Frank Leboeuf que revient la lourde tâche de coller aux crampons de la star de l'Inter de Milan. Pari gagné tant l'attaquant auriverde semble à côté de ses pompes, sans jus ni tonus. 

Ce dont profite Zinédine Zidane. Sur deux coups de tête magistraux, il devient le héros de la nation et gagne un surnom : « Zizou. » Manu Petit, en fin de partie, parachève le succès des Bleus (3-0). Grâce à cette victoire, la France devient black-blanc-beur, s'invente un tube (« Et un, et deux, et trois... zéro) et danse avec Gloria Gaynor. Aîmé Jacquet, grand artisan du succès, fait la tronche à tous les journalistes et affirme son autorité : « C'est qui l'patron ? ». Thierry Roland, peu avare de critiques à l'endroit du sélectionneur, peut « mourir tranquille. » Oh, putain, oui, ça fait du bien un titre de champion du Monde.

Steph. Ruta (The Vintage Football Club).


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