Le Racing Club de Strasbourg 1977-1978

Le Racing Club de Strasbourg 1977-1978

Avec l'A.S Monaco, le Racing Club de Strasbourg est l'autre équipe surprise de l'exercice 1977-78.

Les Alsaciens, en effet, sur la dernière marche du podium, bataillaient en Division 2 la saison précédente, comme les Monégasques, futurs champions de France. Les « petits nouveaux » bouleversent ainsi la hiérarchie et filent un sérieux coup de pied dans le derrière des Nantais et des Stéphanois qui ont, depuis le début de la décennie, pris pour habitude de truster les premières places au classement. 

A l'origine de cette réussite, un homme, Gilbert Gress. Ancien joueur du club parti exercer ses talents en Suisse - au Xamax de Neuchatel - à la fin de sa carrière, l'homme aux lunettes cerclées est à la base du renouveau alsacien. Il (re)débarque à Strasbourg à l'été 1977 avec un leitmotiv. « Pas question de brûler les étapes et de rêver immédiatement de l'Europe » martèle le coach alsacien à qui veut l'entendre, avant d'ajouter « Pas question non plus de faire les choses à moitié. Il faut être ambitieux. » Pour cela, Gilbert Gress recrute du solide, des joueurs habitués aux dures joutes du championnat. Jacky Novi, Francis Piasecki, Jacky Vergnes et Raymond Domenech posent leurs valises à la Meinau pour donner du corps et du coeur à un effectif relativement jeune. Et si l'objectif avoué du club en début de saison est le maintien, le Racing impose très vite un style, notamment à la Meinau qui affiche complet à chaque rencontre à domicile, et se classe rapidement parmi les meilleures formations du championnat. 

le Racing est une formidable locomotive pour ses habitants

Sur sa pelouse, le Racing, qui tourne à 25.000 spectateurs de moyenne, est intraitable et termine invaincu, filant au passage quelques gifles aux visiteurs malveillants (Laval 6-2, Metz 5-1, Monaco, Nîmes, Bordeaux et Troyes 3-0). De quoi nourrir plus d'ambition chez les joueurs, parmi lesquels le gardien Dominique Dropsy qui vise un top 5 à l'entame de la seconde moitié du championnat, « à condition d'afficher plus de culot à l'extérieur. » C'est le seul point noir de l'équipe durant la saison. Les Strasbourgeois sont trop timides hors de leur base (sept défaites au total), comme presque orphelins du soutien populaire qui envahit les travées de la Meinau, en pleine mutation à l'époque avec un projet d'agrandissement. Car dans la région, le Racing est une formidable locomotive pour ses habitants qui s'identifient à leur équipe à la manière des supporters anglais, allemands ou italiens. En France, il y a Saint-Etienne, Lens, Marseille et Strasbourg. Jacky Novi, la nouvelle recrue, est d'ailleurs impressionné par cette ferveur. « C'est grâce aux spectateurs que nous parvenons à nous transcender » avoue-il aux journalistes qui l'interrogent sur la réussite du club alsacien. 

Le public joue sa partition, et Gilbert Gress fait le reste. Grâce au travail du technicien à l'allure d'intello, l'équipe « éprouve du plaisir à jouer dans ces conditions » admet Albert Gemmrich, meilleur réalisateur du club avec 21 buts. Pour Gress, en effet, « le football est un jeu simple » avant tout. En suivant les consignes à la lettre, le Racing honore ainsi son retour parmi l'élite avec une belle troisième place au classement, synonyme de qualification européenne. En attendant de voir plus grand dans un futur proche. 


Steph. Ruta (The Vintage Football Club).


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