AS St Etienne KB Jardin 1982-1984

Après Manufrance, sponsor historique du club (de 1973 à 79) puis Super Télé (1979-81), les Verts changent de partenaire à l'orée de la saison 1981-82, et signent un contrat de trois ans avec la marque KB Jardin. Sans le savoir, l'ami du jardinier ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'A.S Saint-Etienne. Pas la plus glorieuse, et principalement marquée par l'affaire de la caisse noire qui aboutit, au final, à la descente en deuxième division.

Pour sa dernière saison en France, Michel Platini aimerait partir sur un titre avec les Verts. Celui acquis la saison précédente (1981) ne suffit pas à rassasier l'appétit du joueur n°1 français, qui est venu à Sainté pour garnir justement la vitrine aux trophées du club et les récompenses personnelles. Depuis son arrivée dans le Forez en 1979, Platoche et les Verts doivent se contenter d'un seul et unique titre de champion, le dixième en passant pour l'ASSE dans l'histoire du championnat de France. La décima version stéphanoise. Bien trop peu tout de même quand on s'appelle Platini. Mais l'affaire démarre mal en ce début de saison. Si les Verts ont bâti leur légende avec la coupe d'Europe, elle n'a plus la même magie à l'été 1981. Opposés au Dynamo Berlin lors du tour préliminaire de la C.1, les Verts sont éliminés sans gloire par des Allemands de l'Est (1-1, 0-2) mieux préparés physiquement. Un sérieux coup derrière la tête pour les supporters habitués aux folles soirées européennes à Geoffroy-Guichard. Le Chaudron peine à s'enflammer pour la suite de la saison, malgré un départ en championnat digne d'un favori attendu au tournant. A mi-course, l'ASSE est en tête et obtient le titre honorifique de champion d'automne. Sur le terrain, les Verts assurent mais en coulisses, on commence à s'agiter. Le 1er avril, éclate l'affaire de la « caisse noire » qui entraîne la chute de l'emblématique président Roger Rocher, puis, tel un château de cartes, celle de l'entraîneur Robert Herbin et le départ de plusieurs tauliers de l'équipe la saison suivante. La seconde partie de l'exercice 1981-82 s'effectue donc dans la douleur. L'ASSE perd de sa superbe et Monaco grignote son retard avant de coiffer les Verts sur le fil. Pour un petit point, Sainté perd le titre au profit de l'ASM. En coupe de France, au cours d'une finale légendaire, les Verts sont battus aux tirs au but malgré un doublé de Platoche. L'égalisation de Rocheteau, ex- Ange Vert devenu Parisien, dans les derniers instants du match, Francis Borelli qui embrasse la pelouse et l'envahissement du terrain ont raison du moral stéphanois. Michel Platini s'en va tête basse pour la Juve, et Saint-Etienne cherche un nouveau souffle avec de nouveaux dirigeants éphémères.

AS ST ETIENNE 1981-1982

A.S SAINT-ETIENNE 1981-82

Sur le papier, l'effectif 1982-83 a plutôt de la gueule avec les arrivées de Philippe Mahut, Alain Moizan et Bernard Genghini. Mais gangrenée par « l'affaire » qui pourrit en coulisses et dans la presse, l'équipe se cherche une âme. Humiliés par les Bohemians de Prague au second tour de la coupe UEFA (0-0, 0-4), les Verts flirtent dangereusement avec la relégation en championnat. En janvier 83, « Robby » Herbin est viré à cause des mauvais résultats et remplacé par Guy Briet (qui dirige le centre de formation). Dans la foulée, Jean-François Larios, soutien inconditionnel de l'entraîneur aux cheveux roux, part pour l'Atletico Madrid. Après ces départs, l'ASSE continue de sombrer dans la médiocrité et perd encore plus de crédibilité sur le pré avec une élimination en coupe de France lors des 1/16èmes de finale, aux tirs au but, aux dépens de Martigues (0-3, 3-0), pensionnaire de deuxième division. La saison de l'ASSE, douloureuse et intense sur fond de règlements de compte, se termine dans la deuxième moitié du classement (14ème), loin d'un statut de leader du championnat. Le vert, couleur à la mode durant une bonne décennie, pâlit au fur et à mesure des révélations sur la « caisse noire ». Et Johnny Rep, idole arrivée en même temps que Platini (1979), quitte le Forez avec ses cheveux blonds et des cernes sous les yeux.

La saison 1983-84 est celle de la chute. C'est André Laurent, un industriel local, qui prend les rênes de la boutique. C'est le quatrième président du club en un an après les intérims d'André Buffard, Henri Fieloux et Paul Bessy ! Le nouveau patron choisit Jean Djorkaeff pour diriger une équipe amputée par les départs de Janvion, Genghini, Battiston, Roussey et Paganelli entre autres. C'est l'hécatombe à Sainté qui débute la saison sans réel projet sportif. Si André Laurent tente de rebâtir les fondations du club, sur le terrain c'est le néant. En fin de classement (16ème) à l'issue de la première partie du championnat, Jean Djorkaeff quitte le Forez en mars 84. Robert Philippe, un ancien de la maison et éducateur au centre de formation, le remplace mais ne peut éviter les barrages en fin de saison. Dix-huitième au terme de l'exercice 1983-84, l'ASSE doit sauver sa saison en barrages contre le Racing Club de Paris. Malgré un bon match nul (0-0) au stade Yves du Manoir de Colombes à l'aller, les Verts s'inclinent dans le Chaudron, remplit comme aux plus belles soirées européennes, quelques jours plus tard au retour (0-2). Nous sommes le 19 mai 1984, Sainté descend en deuxième division. Un mythe s'effondre à l'heure où Geoffroy-Guichard s'apprête à accueillir des matchs de l'Euro et faire la fête à Platoche pour son retour dans le Forez lors de France-Yougoslavie. Un come-back en fanfare marqué par un hat-trick du capitaine des Bleus. Du baume au coeur pour tout le peuple vert qui pleure son club et ses héros d'antan.

AS ST ETIENNE 1983-84

A.S SAINT-ETIENNE 1983-84

 

Steph. Ruta (The Vintage Football Club)


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